Pourquoi il faut absolument aller voir l’exposition Mucha

Lorsque j’ai su qu’à l’automne 2018, le Musée du Luxembourg, à Paris, organisait une exposition des œuvres d’Alphonse Mucha, je n’ai eu qu’une hâte : pouvoir m’y rendre.

Mucha, je l’ai découvert lors d’un voyage à Prague, il y a bien longtemps. Un voyage entre Noël et le jour de l’An, sous la neige et le soleil. Un Prague de carte postale où les jours fermaient à trois heures de l’après-midi, où nous nous réfugiions dans les cafés autour d’un vin chaud ou d’une absinthe (oui, vous avez bien lu) tandis que les fééries s’allumaient dans les rues glacées. J’étais très jeune ; je préparais les concours de l’enseignement à la Sorbonne et j’arpentais les allées du Luxembourg, le midi, entre deux cours.

Je crois que c’est pour cela que j’aime tout particulièrement le Musée du Luxembourg : parce qu’il me rappelle le temps de mes études.

L’exposition débute par les œuvres de l’affichiste que Mucha fut, celles qui ont fait sa gloire : les affiches de Sarah Bernhardt dans Médée, Gismonda, La Dame aux camélias. J’adore son style très décoratif, orné, léger et intemporel. Certains jugeront que c’est de l’art facile. Pas moi : je trouve reposantes les courbes de ces femmes nues, charnues, sensuelles, mêlées aux motifs floraux : coquelicots, lys, géraniums. Les publicités pour savon, pour les champagnes Ruinart, Moët et Chandon, les biscuits LU, témoignent également de l’insouciance d’une époque pourtant au bord du chaos.

C’est ce que j’avais retenu au sujet de cet artiste – en somme pas grand chose – car l’exposition dévoile tout un pan méconnu de l’activité artistique du peintre. Mucha était un grand mystique, doublé d’un visionnaire, en témoigne toute la partie politique de son œuvre, plus sombre, beaucoup plus tourmentée, beaucoup plus émouvante. Durant vingt ans, il a peint une série de vingt toiles gigantesques (huit mètres par six environ) retraçant l’histoire du peuple slave où les visages transpirent parfois la souffrance, où la violence explose dans les scènes de bataille : l’Épopée Slave. Le Musée du Luxembourg ne les montre que sous la forme d’une projection. La suite  est consacrée aux toiles peintes à la fin de la vie de l’artiste : peintures mystiques reflétant les préoccupations existentielles de Mucha.

Il ne reste qu’un mois et demi avant la fin de cette exposition originale et je vous invite à vous y rendre de toute urgence ! La dernière fois que les œuvres de Mucha ont été réunies à Paris remonte à 1980. Pas sûr qu’on puisse admirer ces toiles avant un bon bout de temps !

 

 

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