Comment un bon bol de dioxyde de carbone peut faire du bien.

 

Les beaux jours sont là. Après des mois d’hibernation, de confinement auprès des radiateurs, on sort enfin dans la rue. Aux terrasses des cafés, au bord même des artères, les quidams respirent le bon air de Paris, sirotant quart d’eau minérale ou bien jus de fruits frais, tandis que les motos leur crachent une fumée noire au visage. Premiers rayons de soleil, premières escapades dans la capitale depuis des lustres, à cause du printemps tardif. On fait fi de la pollution, pourvu que la lumière soit !

 

Les platanes étalent leurs branches couvertes de bourgeons verts au-dessus de la chaussée. Non loin, l’église Saint-Augustin étincelle sous l’astre. Blanche et or, elle vient d’être rénovée. Sa rosace est éblouissante. La dernière fois que je l’avais vue, elle cachait sa crasse sous les échafaudages. Une éternité…

Depuis, il y a eu les nuits sans lune, l’enfermement autour du berceau chéri. L’immobilisme. L’attente. Les beaux jours sont enfin arrivés, et avec, l’espoir de revivre peut-être. Étourdie par le grondement des voitures, c’est en prisonnière libérée que je contemple le grouillement de la circulation, la course des passants pressés. Un sourire aux lèvres, je caresse mon butin.

Dans mes poches, des pierres aux mille nuances de bleu : je viens de les acheter dans la caverne d’Ali Baba. Une boutique au fond d’une cour, rutilante de gemmes multicolores, dont le nom étrange résonne à mes oreilles : cyanite, calcédoine, lapis et tourmaline.

 

 

 

 

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